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De l’usage du Mythe au travail
Qu’est-ce qu’un mythe ? Un mythe est un récit construit en commun afin d’éclairer une expérience humaine. Plus précisément, la définition du CNRTL ajoute qu’il s’agit d’un récit relatant des « faits imaginaires non consignés par l’histoire, transmis par la tradition et mettant en scène des êtres représentant symboliquement des forces physiques, des généralités d’ordre philosophique, métaphysique ou social ». Le mythe touche ainsi à une forme d’universalité de la condition humaine. Par-delà les singularités individuelles, il mobilise des symboles partagés qui permettent de penser ensemble certaines expériences fondamentales. Freud s’est emparé du mythe d’Œdipe pour dire quelque chose de conflits profondément humains tout au long du développement psychosexuel. Le…
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La coexistence des intérêts : une dimension essentielle
Je fais suite à mon article précédent sur l’importance de la sublimation au travail, que vous pouvez lire ici. La coexistence des intérêts dans un groupe fonde le sentiment d’existence et éclaire une autre dimension essentielle de la vie au travail. Christophe Dejours soulignait déjà, dans Ce qu’il y a de meilleur en nous, que la psychanalyse gagnerait à s’intéresser davantage à la clinique du travail en tant que telle, notamment à ses processus de sublimation. Il observait que, chez Sigmund Freud, la sublimation est essentiellement pensée comme un processus individuel, souvent illustré à travers la figure de l’artiste. Pourtant, mes observations — dans ma double position de participant et…
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Sublimation et coopération : et si l’amour était la clé ?
J’avais évoqué dans un précédent article (Coopérer s’appuie sur la croyance en les autres : fondamentaux) la fonction des rituels informels — déjeuners, baromètres d’humeur, moments de convivialité — dans la vie d’une équipe. Ces espaces favorisent une dynamique où la parole circule et où peut se tisser le fil narratif du collectif. Mais pourquoi ces espaces, préservés de toute visée de production immédiate, sont-ils si importants au-delà du simple plaisir partagé ? La coopération, une affaire d’affects Dans Psychologie des foules et analyse du moi, Freud s’intéresse aux liens entre psychologie individuelle et psychologie sociale. Selon lui, la solidarité d’un groupe repose sur des liens affectifs transformés par un…
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Et si coopérer, c’était prêter aux autres pour gagner plus ?
Dans un article précédent, j’avais défini une capacité collective clé : juger avec équité.Cette capacité émerge dans les collectifs de travail, notamment lorsque les jeux de pouvoir s’intensifient dans certaines situations de crise. Quand les règles tournent à vide et que les intérêts individuels prennent le pas sur le collectif, cela produit souvent du non-sens pour les individus. C’est un oubli que le sens passe par le collectif et que coopérer s’appuie sur la croyance en d’autres individus. Justice collective et recherche de reconnaissance La recherche d’une reconnaissance sociale — et du gain de jouissance qui l’accompagne — pousse alors les individus à « faire corps » à nouveau au…
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Conflits et souffrance au travail : retrouver le sens par la capacité collective de penser
Confrontés à des règles parfois contradictoires, qui ne font pas toujours sens face aux impératifs réels du travail, les collaborateurs peuvent se sentir démunis. Cette perte de repères ouvre la voie à des situations de conflits, à la fois visibles et invisibles. Ce contexte peut favoriser l’apparition de souffrance au travail. Les rivalités, jalousies interpersonnelles ou tensions hiérarchiques en sont des manifestations classiques. Mais elles ne suffisent pas à expliquer ce qui se joue dans les collectifs de travail. D’autres processus plus profonds interviennent — notamment des phénomènes inconscients, que la psychanalyse permet d’éclairer (nous reviendrons notamment sur la question du transfert au travail). Dans ces contextes, il arrive que…
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Injonctions paradoxales
« Faites toujours plus, avec moins. » Un individu dans le monde du travail est souvent pris dans un système de double contrainte :➡️ les exigences des autres (collègues, clients, fournisseurs)➡️ celles de l’organisation (performance, résultats, contraintes de ressources). Ces tensions créent parfois des situations paradoxales. Un exemple classique 👉 Quelle que soit la réponse, elle est insatisfaisante et souvent liée à des injonctions paradoxales implicites. Les injonctions paradoxales « rendent fous » car elles produisent : Le rôle du surmoi Le sentiment de culpabilité renvoie notamment au surmoi : cette instance psychique qui nous observe intérieurement. Parfois, le surmoi lui-même alimente des injonctions paradoxales en nous. S’il permet la…
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Subjectivation et Travail Collaboratif
Comment rester soi au sein du collectif ? Le travail collaboratif demande à l’individu de s’adapter à des normes professionnelles, à des règles de déontologie ou aux exigences du collectif.Dans ce contexte, la question de l’ancrage de la subjectivation individuelle devient essentielle. D’ailleurs, ces règles, implicites ou explicites, peuvent entrer en tension avec un idéal intérieur. Cet idéal est façonné par l’histoire et les mythes personnels de chacun. Quelles marges de pensée ou d’action un sujet peut-il dégager pour faire équipe tout en restant soi et préserver sa subjectivation ? « L’identification aspire à rendre le moi semblable à l’autre pris comme modèle. » (Freud, 1921) L’autre comme alter ego…


