SOUFFRANCE ÉTHIQUE AU TRAVAIL
Capacité éthique : une dimension collective Dans mes observations du travail, j’ai souvent été confrontée à ce que Christophe Dejours a nommé et porté au premier plan : la souffrance éthique. Il s’agit de ces situations où surgissent des conflits entre ce qui semble bien ou bon pour l’individu et ce qui est commandé par le travail. Les collaborateurs se retrouvent alors pris dans ce que nous pouvons nommer un conflit de loyauté : loyauté envers soi,ou loyauté envers le groupe ? Quels sont les ressorts de l’évolution parfois galopante de ces conflits au travail ? Peut-être l’une des pistes se trouve-t-elle dans la disparition progressive de ce colloque singulier,…
Et si coopérer, c’était prêter aux autres pour gagner plus ?
Dans un article précédent, j’avais défini une capacité collective clé : juger avec équité.Cette capacité émerge dans les collectifs de travail, notamment lorsque les jeux de pouvoir s’intensifient dans certaines situations de crise. Quand les règles tournent à vide et que les intérêts individuels prennent le pas sur le collectif, cela produit souvent du non-sens pour les individus. C’est un oubli que le sens passe par le collectif et que coopérer s’appuie sur la croyance en d’autres individus. Justice collective et recherche de reconnaissance La recherche d’une reconnaissance sociale — et du gain de jouissance qui l’accompagne — pousse alors les individus à « faire corps » à nouveau au…



